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Dossier du Mois de Septembre 2004

L’herpès en
20 questions
Trop souvent,
l’herpès reste un sujet tabou dont on parle avec difficulté. Le
malaise qui l’entoure est un frein à l’information sur cette
maladie. Sans vouloir remplacer une consultation médicale, nous
vous proposons de répondre aux questions les plus fréquentes.
1 - Qu'est-ce que
l'herpès : un virus, un champignon ou un microbe ?
L'herpès est un
virus qui reste à vie dans l'organisme. Il existe un virus pour
l'herpès labial (HSV1) et un autre pour l'herpès génital (HSV2).
L'herpès peut parfois donner des symptômes. Exemple : le bouton
de fièvre.
Comme toute
maladie virale, l'herpès est très contagieux. En France,
10 millions de personnes sont touchées par le virus. L'herpès
génital concernerait 2 millions d'individus. L'herpès génital
est une maladie sexuellement transmissible.
2 - Est-ce une
mycose ?
Non,
ce n'est pas une mycose car l'herpès n'est pas causé par un
champignon mais par un virus. Mais on peut confondre l'herpès
génital avec une mycose car les symptômes sont proches :
démangeaisons, picotements...
Il est donc
important d'aller consulter son médecin ; lui seul saura poser
le bon diagnostic.
3 - J'ai une
mycose récidivante qui ne cède pas au traitement. Est-il
possible qu'il s'agisse plutôt d'herpès génital ?
Herpès génital
et mycose sont deux pathologies souvent liées. L'herpès peut
être une porte d'entrée à d'autres infections et favoriser
l'installation d'une candidose (mycose due au champignon
Candida). Les signes cliniques des deux pathologies étant
proches, la confusion est courante. Cela est donc possible.
Parlez-en à votre médecin.
4 - Comment attrape-t-on de l'herpès génital ?
L'herpès
génital est une maladie sexuellement transmissible. La
contamination se fait le plus souvent en ayant des rapports
sexuels avec une personne porteuse du virus. Le seul contact
avec la peau ou les organes génitaux suffit à transmettre la
maladie.
5 - Quand ai-je pu l’attraper et suis-je contagieux ?
Vous pouvez
avoir été contaminé il y a longtemps par une personne porteuse
du virus et n'avoir jamais eu aucune poussée pendant de
nombreuses années.
L'herpès est
une maladie sexuellement transmissible très contagieuse. Le
risque de contagion est plus important si le partenaire sexuel
est en période de poussée (présence de symptômes). Le risque
existe même si le partenaire n'a pas de symptômes apparents,
mais il est faible. L'utilisation du préservatif est donc
fortement conseillé pendant et entre les poussées. En période de
crise, l'abstinence reste la meilleure protection.
6 - Est-ce lié à l'hygiène ?
Non, on
n'attrape pas le virus parce qu'on a une mauvaise hygiène. On le
contracte uniquement en ayant des rapports sexuels avec une
personne porteuse du virus. Par contre, quand on est porteur du
virus et pendant les périodes de poussées, il faut avoir une
hygiène stricte : votre médecin vous donnera tous les conseils
pratiques (se laver les mains, éviter de se toucher les yeux, ne
pas humecter ses lentilles de contact avec la salive...).
7 - Quels sont les modes de contamination ?
Le virus se
transmet par contact direct entre la peau et les muqueuses, le
plus souvent lors des rapports sexuels. La transmission peut
également se faire lors d'un contact direct avec la peau et les
organes génitaux lors des rapports génito-génitaux, mais aussi
oro-génitaux et ano-génitaux.
Le virus ne se
retrouve pas dans le sperme. Les contacts directs avec la peau
et les muqueuses lors des relations sexuelles sont responsables
de la transmission du virus.
Le sujet
porteur du virus HSV1, en dehors des périodes de "crises"
d'herpès labial, peut excréter le virus de façon asymptomatique
(c'est-à-dire sans signes cliniques) : le virus est alors
retrouvé dans la salive. Ce sujet peut effectivement transmettre
le virus par un baiser, par exemple.
8 - Quelles
sont les pratiques sexuelles autorisées pendant les crises
d'herpès labial et génital ?
Si votre partenaire présente
une crise d'herpès labial
La transmission
du virus se fait par contact direct entre la peau et les
muqueuses donc vous pouvez être contaminé par un baiser ou par
un rapport oro-génital.
Si votre partenaire présente
une crise d'herpès génital
Vous pouvez
être contaminé en ayant un rapport génito-génital, oro-génital
ou ano-génital. L'abstinence est vivement recommandée.
L'utilisation du préservatif ne protège que dans la mesure où
celui-ci recouvre entièrement les lésions.
9 - Dans un
couple stable, l'utilisation du préservatif est-elle obligatoire
entre les crises d'herpès génital ?
Pour le savoir,
il faut consulter votre médecin. Il pourra de plus prescrire une
analyse simple à la personne du couple qui n'a jamais fait de
poussées d'herpès génital. Ce sérodiagnostic permet de savoir si
la personne est porteuse ou non du virus de l'herpès. Si le test
est positif, il ne sera plus nécessaire d'utiliser de
préservatifs en dehors des crises.
10 - Comment l'herpès génital se manifeste-t-il ?
Lorsque
l'herpès génital entraîne des symptômes, il s'agit de
démangeaisons, de brûlures, de picotements. Des douleurs peuvent
être ressenties au passage de l'urine. Dans un deuxième temps,
des petites cloques apparaissent. Elles se rompent et donnent
des petites plaies à vifs parfois douloureuses. Puis des croûtes
se forment et tombent sans laisser de cicatrices.
Il faut
consulter le médecin dès l'apparition des premiers symptômes
afin qu'il puisse faire un diagnostic précis et prescrire un
traitement adapté.
11 - Est-ce que la maladie peut revenir ?
Oui, dans la
mesure où le virus reste à vie dans l'organisme.
Les crises
réapparaissent presque toujours au même endroit et selon un
rythme variable. En réalité, moins de 10 % des personnes
présenteront des poussées tout au long de leur vie. Le médecin
pourra vous conseiller des traitements permettant d'éviter ces
poussées (ou au moins de les espacer).
12. Chez une
femme enceinte porteuse de HSV2, comment limiter les risques de
contamination du bébé ?
En premier
lieu, il faut prévenir le médecin au début de la grossesse que
vous avez déjà eu des poussées d'herpès. Puis, pendant toute la
grossesse, il faut surveiller la moindre douleur proche des
organes sexuels (démangeaisons, brûlures, picotements) afin de
déceler l'éventuelle apparition d'une poussée. Si ces signes
apparaissent, parlez-en tout de suite à votre médecin qui pourra
vous prescrire des traitements adaptés.
13 - La lésion peut-elle se déplacer ?
Le plus souvent,
l'herpès réapparaît à l'endroit de la "poussée" précédente,
qu'il s'agisse d'un herpès labial ou génital. En revanche, une
auto-inoculation est possible : on peut se contaminer soi-même à
un autre endroit du corps comme l’œil, le doigt...
14 - Quelles sont les analyses à faire pour confirmer un
herpès génital ?
En cas de
présomption d'herpès génital, il faut aller consulter le médecin
(dès l'apparition des premiers symptômes si possible). L'examen
des lésions permettra au médecin de diagnostiquer l'herpès. Il
pourra confirmer ce diagnostic (surtout s'il s'agit des
premières poussées) par des examens de laboratoire. L'analyse
consiste en un prélèvement au niveau des lésions ou une prise de
sang. Ces examens sont simples et rapides.
15 - Comment peut-on éviter de l'attraper ?
Le virus se
transmet le plus souvent à l'occasion de rapports sexuels. Il
est fortement conseillé de s'abstenir de toute relation sexuelle
lorsque le partenaire est en phase de "poussée d'herpès". En
dehors des poussées (en l'absence de symptômes), il existe quand
même un risque de contamination, l'utilisation du préservatif
est préconisée.
Le préservatif
protégera si les lésions sont localisées sur le sexe. Si
l'herpès survient sur des zones proches des organes sexuels
(zones non couvertes par le préservatif), il n'y aura donc
aucune protection d'où un risque de contamination.
16 - Est-ce que l'herpès se soigne ?
Il n'est pas
possible d'éliminer définitivement le virus de l'organisme. Mais
il existe des traitements efficaces qui diminuent la douleur,
accélèrent la cicatrisation, réduisent l'excrétion de virus et
la contagiosité.
Votre médecin
vous donnera le traitement le mieux adapté ainsi que des
conseils vous aidant à mieux vivre avec la maladie. Allez le
consulter en compagnie de votre conjoint.
17 - Comment faire pour éviter les crises ?
Certaines
circonstances favorisent les crises comme le soleil, le stress,
la fatigue... Il faut donc essayer de déterminer ces facteurs
déclenchants et de les réduire.
D'autre part,
consultez votre médecin car il existe des traitements qui,
prescrits avant ou pendant les facteurs déclenchants, permettent
d'éviter ou d'espacer les poussées et de réduire leur intensité.
18 -
Existe-t-il un vaccin ou des médecines parallèles efficaces
contre l'herpès ?
Non, il
n'existe pas de vaccin anti-herpès à ce jour. Cependant, un
certain nombre de vaccins sont à l'étude et devraient être
disponibles dans les 5 ans.
L'homéopathie,
la phytothérapie, l'aromathérapie et autres méthodes n'ont pas
démontré à ce jour leur efficacité de manière scientifique.
19 - Faut-il
demander à son partenaire de faire un test, comme pour le SIDA ?
Si votre
partenaire n'a jamais fait d'herpès génital, son médecin peut
lui prescrire un test sanguin simple : le sérodiagnostic. Cela
permet d'affirmer si la personne est porteuse du virus et
définir le type de virus (I ou II).
20 - Comment
fonctionnent les médicaments anti-herpès ?
Les traitements
antiviraux bloquent la multiplication du virus en empêchant sa
progression dans l'organisme, mais il existe toujours du virus
latent caché dans le ganglion... De nouveaux médicaments sont à
l'étude, en particulier un vaccin
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