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Dossier du
Mois de Novembre 2004
La maladie de
Parkinson
Qu'est-ce que c'est ?
La maladie de
Parkinson est une affection dégénérative, rare avant 45 ans,
touchant 1,5 % de la population de plus de 65 ans, qui atteint
autant les hommes que les femmes. La lésion fondamentale est la
dégénérescence d’un certain type de neurones : les neurones
dopaminergiques.
Ces neurones
produisent de la dopamine, qui est une des substances
neurotransmettrices du système nerveux. Elle intervient
notamment au niveau de neurones responsables du contrôle des
mouvements du corps. Il y a lors de la maladie de Parkinson un
déficit en dopamine dans le cerveau et cela se manifeste par des
troubles des mouvements.
Causes et facteurs de risque
La cause de la
maladie de Parkinson est inconnue. De très rares cas sont
héréditaires, et dans ce cas ce sont des maladies de Parkinson
survenant chez des sujets très jeunes. De même aucun facteur de
risque n’est connu avec certitude, notamment aucun facteur
alimentaire ou infectieux n’a été reconnu.
Les signes de la maladie
Le début de la
maladie est insidieux : réduction de l’activité, fatigabilité
anormale, douleurs mal localisées, difficultés d’écriture,
tremblement d’une
main, raideur fluctuante, etc.
Progressivement, les autres signes de la maladie vont
apparaître ; ce sont principalement :
- L’akinésie
("lenteur" des mouvements)
L’akinésie est
définie par la rareté, la difficulté d’initiation, la lenteur du
mouvement. Elle touche notamment la marche : le démarrage est
difficile, parfois en piétinant sur place, puis avec de petits
pas, les pieds "collés" au sol, les bras immobiles ne se
balançant plus, le dos courbé en avant, le cou raide. Le
démarrage est parfois paradoxalement facilité par la présence
d’un obstacle devant le patient. Parfois, le blocage survient
après le démarrage, le patient étant alors brutalement arrêté,
tout-à-coup incapable d’avancer, les pieds collés au sol : c’est
le phénomène d’enrayage cinétique. L’akinésie se remarque
souvent précocement durant l’écriture, qui devient plus
difficile et de taille réduite (on parle de micrographie). Le
visage aussi est touché, avec des traits figés, peu expressifs,
un regard fixe. La parole est rare, mal articulée, monotone.
Tous les gestes sont rares et lents. L’akinésie est donc
responsable d’une perte des mouvements automatiques,
inconscients : le patient doit commander consciemment la plupart
de ses mouvements, même ceux qui s’effectuent sans que l’on y
pense en temps normal.
L’hypertonie est dite de type extrapyramidale. C’est une
rigidité, une raideur des membres et de l’axe (le rachis), que
l’on constate en mobilisant les articulations du patient, à qui
l’on demande d’être le plus passif et le plus relâché possible.
On observe alors une résistance involontaire à la mobilisation
(par exemple la flexion-extension du poignet), résistance qui
disparaît et réapparaît par à-coups successifs au cours du
mouvement : c’est le phénomène dit de la roue dentée. Cette
rigidité tend à fixer les membres dans la position qu’on leur
impose.
Le tremblement
est fréquent. C’est un tremblement régulier, qui apparaît
typiquement au repos, et disparaît lors des mouvements ; il est
parfois présent lors du maintien d’une attitude (par exemple
lorsque le patient maintient ses bras tendus devant lui). Il
disparaît pendant le sommeil et augmente lors des émotions ou d’
efforts de concentration comme le calcul mental. Au niveau des
mains, il évoque un mouvement d’émiettement de pain entre les
doigts. Il peut toucher le visage, avec un tremblement des
lèvres ou du menton.
-
La diminution des réflexes de posture (troubles
de l’équilibre), qui apparaît plus tardivement que les
autres signes.
La diminution
des réflexes de posture est responsable de troubles d’équilibre.
Elle n’apparaît le plus souvent qu’après plusieurs années
d’évolution. Elle est responsable de chutes typiquement en
arrière, le patient perdant le réflexe de se "rattraper" s’il
est déséquilibré.
D’autres
troubles sont souvent associés lors de la maladie de Parkinson :
- Des douleurs, souvent à
type de crampes ou de fourmillements désagréables ;
- Des troubles digestifs
(constipation) ou urinaires (urgences mictionnelles) ;
- Une hypotension
orthostatique (baisse de la tension au moment où le patient
se lève, responsable de vertiges voire de chutes) ;
- Des troubles du sommeil
(insomnie, somnolence) ;
- Des sueurs, des bouffées
de chaleur, une salivation excessive ;
- Les troubles psychiques
sont assez fréquents durant la maladie : souvent à type de
dépression, d’anxiété, parfois d’irritabilité ou d’idées de
persécution. L’ affaiblissement intellectuel est rare, et il
doit faire évoquer d’autres diagnostics (cf autres syndromes
parkinsoniens). Des hallucinations visuelles surviennent
parfois, mais quasiment toujours après de nombreuses années
d’évolution ou sous certains traitements, sinon là encore il
faut évoquer d’autres diagnostics.
NB : un des
signes recherchés fréquemment par le médecin est le réflexe
naso-palpébral inépuisable : c’est la
fermeture réflexe des yeux lorsque l’on percute (doucement) la
racine du nez. Normalement, cette fermeture réflexe ne se
produit plus après quelques percussions, alors qu’elle se
reproduit quasi-indéfiniment lors de la maladie de Parkinson.
(Attention : ce signe est évocateur de maladie de Parkinson,
mais ne signifie absolument pas avec certitude que c’est le cas,
il peut même se rencontrer chez des personnes en parfaite santé)
Examens et
analyses complémentaires
Les examens
complémentaires sont normaux dans la maladie de Parkinson, et
aucun n’est indispensable. Cependant, on pratique le plus
souvent un scanner cérébral ou une IRM, pour rechercher d’autres
maladies (cf diagnostics à éliminer) ; les autres examens sont
parfois pratiqués, si tous les signes de l’examen clinique ou
l’évolution ne sont pas absolument typiques de maladie de
Parkinson : ponction lombaire, électro-encéphalogramme, examens
sanguins. Un électrocardiogramme permet de rechercher des contre-indications
à certains traitements anti-parkinsoniens ; un bilan
uro-dynamique est pratiqué s’il existe des troubles urinaires
nets, afin de préciser le type de ces troubles et d’adapter au
mieux leur traitement.
Evolution de la
maladie
La maladie de
Parkinson est une maladie chronique, que les traitements
permettent de largement améliorer mais pas de guérir.
Initialement, les troubles sont généralement discrets, ne
nécessitant pas toujours de traitement. Le début du traitement
s’accompagne quasiment toujours d’une grande amélioration voire
d’une disparition des signes de la maladie. Cette période de
grande efficacité des médicaments, qu’on appelle parfois "lune
de miel", dure le plus souvent plusieurs années. Après cette
période plus ou moins prolongée, l’efficacité du traitement est
moindre ; il faut alors augmenter les posologies des médicaments,
ce qui expose à des effets indésirables ; de plus les réponses
aux traitements se modifient et apparaissent des fluctuations
(les troubles s’accentuent puis diminuent voire disparaissent
plusieurs fois dans la journée), des mouvements anormaux à type
de dyskinésies (mouvements rapides incontrôlés de certaines
parties du corps), de dystonies (raideurs de certaines parties
du corps), des périodes de blocage du corps : c’est le stade des
complications motrices. L’augmentation des doses, l’augmentation
de la fréquence des prises médicamenteuses, l’association de
plusieurs médicaments voire d’autres traitements sont alors
nécessaires.
Ne pas confondre
avec...
On distingue la
maladie de Parkinson des autres syndromes parkinsoniens, qui se
manifestent par les mêmes symptômes (symptômes dits
extrapyramidaux) mais qui n’ont pas la même cause ni la même
évolution ; en particulier : la prise de neuroleptiques ou de
certains autres médicaments ; les accidents vasculaires
cérébraux (attaques cérébrales) répétés, dits "états lacunaires" ;
d’autres maladies neurologiques dégénératives plus rares que la
maladie de Parkinson (atrophies multi-systématisées, maladie des
corps de Lewy diffus) ; l’hydrocéphalie (excès de liquide
céphalo-rachidien dans le cerveau) ; les troubles du métabolisme
du cuivre, du fer; certaines intoxications au manganèse, au
cobalt, au mercure, à l’oxyde de carbone ; les traumatismes
crâniens répétés (syndrome des boxeurs) ; certaines tumeurs
cérébrales (très rare).
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