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Dossier du
Mois de Juillet 2004

Toute la Vérité sur le Cannabis
Des
consommateurs adolescents
Les jeunes en France goûtent au cannabis à partir de l’âge de 15 ans
en moyenne, essentiellement sous forme d’herbe, mélange de feuilles,
de tiges et de sommités florales, ou de résine, le haschich. S’ils
étaient 12 % en 1993 à avoir fumé au moins une fois dans leur vie,
ce sont 35 % des jeunes gens de 15-16 ans qui ont essayé en 1999. Et
à 19 ans, ils sont plus de 60 % à avoir fumé “expérimentalement” !
Autre chiffre étonnant, un jeune sur 6 a dans les derniers mois fumé
20 joints et plus.
La
consommation de cannabis varie selon l’âge (elle diminue à partir de
25 ans) et selon le sexe : les garçons fument davantage que les
filles. Enfin, les relations avec les pairs, l’ambiance familiale et
les performances scolaires déterminent le niveau de consommation et
les addictions associées, tabac, alcool… 5,5 % des jeunes de 15 à
19 ans qui ont expérimenté du cannabis ont aussi consommé une autre
substance illicite : cocaïne, héroïne, amphétamines…
Les effets
immédiats d’une consommation isolée
Le
cannabis a des effets, réversibles, sur le psychisme pendant 2 à 10 heures,
une durée qui est fonction de la sensibilité de chacun et de la dose
consommée. Il est à l’origine d’une ivresse cannabique, caractérisée
par une somnolence, une euphorie et une sensation de bien-être. Cet
état s’accompagne d’une incapacité à remplir des tâches complexes,
de troubles de la mémoire immédiate…
Puis
pour une consommation plus forte, apparaissent des difficultés de
langage et de la coordination motrice, parfois des attaques de
panique ou des angoisses de dépersonnalisation, voire,
exceptionnellement, une psychose cannabique avec des bouffées
délirantes. Aucun cas de décès consécutif à la prise isolée de
cannabis n'a jamais été rapporté.
Les effets
d’une consommation répétée et régulière
Un
phénomène de tolérance est observé, ce qui signifie que les
consommateurs ont besoin de fumer de plus gros joints pour obtenir
l’effet recherché. Et le risque de dépendance au cannabis est élevé,
un peu plus de 30 %, dans la tranche d’âge des 15-24 ans qui fument
du tabac.
La
mémoire à court terme est altérée pour des consommations intensives,
toujours de façon réversible. Par ailleurs, le cannabis en lui-même
n’est pas cancérigène. Par contre, les goudrons présents dans la
fumée d’une cigarette de cannabis y sont en plus grande quantité que
dans le tabac et leur concentration en produits cancérigènes est
aussi plus élevée. Le cannabis, par l’un de ses principaux
cannabinoïdes, serait un facteur de risque pour la survenue de
cancers bronchiques et des voies aéro-digestives supérieures (bouche,
pharynx, œsophage et larynx).
Dr Brigitte Blond

Effets et
dangers du cannabis
Les effets de la consommation de cannabis sont variables : légère
euphorie, accompagnée d'un sentiment d'apaisement et d'une envie
spontanée de rire, légère somnolence. Les usagers de tous âges
consomment généralement pour le plaisir et la détente. Des doses
fortes entraînent rapidement des difficultés à accomplir une tâche,
perturbent la perception du temps, la perception visuelle et la
mémoire immédiate, et provoquent une léthargie. Ces effets peuvent
être dangereux si l'on conduit une voiture, si l'on utilise
certaines machines.
Les
principaux effets physiques du cannabis peuvent provoquer, selon la
personne, la quantité consommée et la composition du produit :
-
une
augmentation du rythme du pouls (palpitations);
-
une
diminution de la salivation (bouche sèche);
-
un
gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges);
-
parfois
une sensation de nausée.
Même
si les effets nocifs du cannabis sur la santé sont, à certains
égards, moins importants que ceux d'autres substances psychoactives,
l'appareil respiratoire est exposé aux risques du tabac (nicotine et
goudrons toxiques), car le joint est composé d'un mélange de tabac
et de cannabis. Les risques respiratoires sont amplifiés dans
certaines conditions d'inhalation (pipes à eau, "douilles").
Certains effets, souvent mal perçus par la population et les
consommateurs, ont des conséquences importantes et révèlent
l'existence d'un usage à problème, donc nocif :
-
difficultés de concentration, difficultés scolaires...
-
dépendance psychique parfois constatée lors d'une consommation
régulière et fréquente : préoccupations centrées sur l'obtention
du produit;
-
risques
sociaux pour l'usager et son entourage liés aux contacts avec
des circuits illicites pour se procurer le produit;
-
chez
certaines personnes plus fragiles, le cannabis peut déclencher
des hallucinations ou des modifications de perception et de
prise de conscience d'elles-mêmes : dédoublement de la
personnalité, sentiment de persécution. Ces effets peuvent se
traduire par une forte anxiété.
Une
dépendance psychique est parfois constatée lors d'une consommation
régulière et fréquente : les préoccupations sont centrées sur
l'obtention du produit. Un usage nocif de cannabis peut favoriser la
survenue de troubles psychiques.
Cannabis et
dépendance
L'usage répété et l'abus de cannabis entraînent une dépendance
psychique moyenne à forte selon les individus. En revanche, les
experts s'accordent à dire que la dépendance physique est minime.
Toutefois, un usage régulier, souvent révélateur de problèmes, est
préoccupant, surtout lorsqu'il s'agit de très jeunes usagers.
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