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Accidents vasculaires cérébrauxLes attaques cérébrales

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AVC : agir pour prévenir

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, un accident vasculaire cérébral se produit toutes les 5 secondes dans le monde. Mais une meilleure connaissance des éléments favorisant la survenue de cette maladie permettrait d’en réduire considérablement le retentissement. Au-delà des idées reçues et des fausses vérités, Doctissimo passe en revue les principaux facteurs de risque et de prévention.

En France, plus de 120 000 personnes par an sont victimes d’un AVC et la moitié en gardera de graves séquelles. Les accidents vasculaires cérébraux peuvent résulter :

     
  • De l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot, réduisant l’irrigation sanguine dans une zone cérébrale. On parle alors d’AVC ischémique ;
  • De la rupture d’un vaisseau, entraînant une hémorragie cérébrale. On parle dans ce cas d’AVC hémorragique, d’hémorragie cérébrale ou d’hématome cérébral.

Découvrez les facteurs de risque et les moyens de prévention :

01 - L’âge, le sexe et l’origine ethnique
02 - L’hypertension artérielle
03 - Le tabagisme
04 - L’alcool, le café et les drogues
05 - Les maladies vasculaires et les opérations de chirurgie cardiovasculaires
06 - L’excès de poids, l’obésité et la sédentarité
07 - Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes
08 - La contraception orale
09 - La migraine
AVC : agir pour prévenir
10 - Le diabète

11 - Le stress, l’optimisme et les symptômes dépressifs
12 - Les ronflements et l’apnée du sommeil
13 - L'hérédité
14 - Les infections (en particulier pulmonaires)

La connaissance des facteurs de risque et de prévention sont autant d'éléments permettant une réduction de la mortalité due aux accidents vasculaires cérébraux. Mieux informé, le grand public possède les éléments lui permettant de véritablement prendre sa santé en main.

Connaître les signaux d’alerte

La prévention des accidents vasculaires cérébraux passe par une meilleure connaissance des facteurs de risque mais également par celle des signaux d’alerte. Ainsi, les accidents vasculaires ischémiques durables sont pour près d’un tiers précédés d’accidents ischémiques transitoires dont les symptômes sont brefs. Trop souvent négligés, ils doivent amener à consulter.

Les accidents ischémiques transitoires à ne pas négliger !

Un accident ischémique transitoire (AIT) est un accident cérébral dont les symptômes parfois furtifs passent inaperçus. Pourtant, ils représentent de véritables signaux d’alerte puisque près d’un tiers des accidents ischémiques durables ou infarctus cérébraux sont précédés d’un tel épisode.

Les symptômes des AIT sont brefs et durent par définition moins de 24 heures :

  • Paralysie d’un membre ou d’un côté ;
  • Baisse brutale, unilatérale de la vision ou vision double ;
  • Troubles de la sensibilité d’un membre ou d’un côté ;
  • Troubles du langage, difficulté à parler ;
  • Troubles de l’équilibre ;
  • Troubles de la compréhension.

Ces troubles disparaissent et ne laissent aucune séquelle. Mais la survenue d’un ou plusieurs AIT multiplie considérablement le risque d’accidents vasculaires cérébraux constitués, durables avec des troubles persistant au-delà de 24 heures et pouvant entraîner des séquelles physiques et/ou intellectuelles. Selon l’American Heart Association, une personne victime d’un ou plusieurs AIT a 9,5 fois plus de risque d’avoir un AVC qu’une personne du même âge et du même sexe n’en ayant jamais eu.

Ainsi, loin de négliger ces signes et malgré un rapide retour à la normale, ces AIT constituent une urgence et doivent amener à consulter votre médecin dans les plus brefs délais. Une prise en charge rapide permet d’enrayer l’évolution vers un accident aux conséquences regrettables.

Certains AVC hémorragiques sont précédés de douleurs crâniennes diffuses (céphalées) soudaines et de très fortes intensités.

Connaître les symptômes et réagir rapidement

La survenue d’un accident vasculaire cérébral constitue une véritable urgence. La connaissance des premiers symptômes permet de réagir au plus vite. Les premières heures suivant un AVC sont capitales, elles peuvent limiter l’extension des lésions cérébrales et ainsi la gravité des séquelles.

Bien que les symptômes varient en fonction de la localisation de la lésion et de la superficie de la zone affectée, on peut dresser quelques traits communs aux premiers signes des AVC. Survenant brutalement, parfois durant le sommeil, ces symptômes peuvent apparaître de manière brutale ou au contraire s’affirmer en quelques minutes ou quelques heures.

Parmi les symptômes les plus courants, on note :

  • Une faiblesse musculaire ou un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe. Fréquemment, on constate une paralysie du bras et de la jambe d’un même côté (côté en fait opposé à celui de la lésion cérébrale) ;
  • Des troubles visuels qui peuvent se manifester de différentes manières : perte d’une moitié du champ visuel, identique pour les deux yeux (hémianopsie), perte de la vision d’un oeil (amaurose) ou des deux, ou doublement de la vision (diplopie) ;
  • Des difficultés de langage se traduisant par l’impossibilité d’articuler correctement (dysarthrie), impossibilité de parler (aphasie), mauvaise expression ou compréhension des mots ;
  • Des pertes de sensibilité (contact, chaleur, douleur non perçues) allant du simple engourdissement à l’anesthésie d’une partie du corps ;
  • Maux de têtes inhabituels et très violents sans cause apparente, accompagnés de nausées ;
  • Perte d’équilibres, chutes, vertiges, manque de coordination des mouvements, etc.
  • Et parfois troubles de la conscience, de la somnolence au coma.

Si vous-même ou l’un de vos proches présentent de tels signes, sachez réagir promptement en appelant le 15 !

Maux de tête : un risque d'attaque cérébrale ?

Les maux de tête chroniques, migraineux ou non, concernent des millions de personnes. Devant la violence et l'intensité de certaines douleurs, nombreux sont ceux qui se posent des questions sur l'état de leur cerveau suite aux crises. Un certain nombre d'études soulignent un risque accru d'attaque cérébrale.

Communément appelés "attaques cérébrales", les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent la troisième cause de mortalité derrière les maladies cardiovasculaires et le cancer. Leur prévention repose sur un suivi médical régulier et une bonne connaissance des facteurs de risques. Faut-il rajouter à une liste déjà longue les céphalées chroniques ?

Femmes migraineuses et AVC, attention !

Maux de tête : un risque d'attaque cérébrale ?Différentes études statistiques montrent qu'il y a plus de migraineux chez les personnes ayant été victimes d'un AVC. Cependant, de telles observations permettent-elle pour autant de considérer la migraine comme un facteur de risque des accidents vasculaires cérébraux ?

Conduite par l'Organisation Mondiale de la Santé1, une vaste étude réalisée auprès de cinq centres européens a permis d'établir le lien entre migraine et attaques cérébrales chez les femmes de 20 à 44 ans. Passant en revue 291 cas d'attaques cérébrales, les chercheurs ont établi que les femmes migraineuses en âge de porter un enfant ont 3 fois plus de risque d'accident vasculaire lié à une ischémie que les femmes non migraineuses. Par contre, il n'y a pas de risque supplémentaire d'AVC hémorragique. La coexistence avec la migraine d'une contraception orale, d'une tension artérielle élevée ou d'un tabagisme aurait un effet multipliant le risque associé aux seules migraines.

Il est à noter que les données de ces patientes ont été reprises2 en 2002, afin de préciser ces résultats. Il est apparu que les patientes migraineuses les plus à risques étaient celles souffrant de migraine avec aura (migraine accompagnée), surtout si elles subissaient plus de 12 crises par an.

Une étude allemande publiée récemment3 est venue confirmer ces données. Il a été montré, chez 160 femmes migraineuses de moins de 46 ans, que la migraine multipliait par 2 le risque d'attaque cérébrale, tous mécanismes et causes confondus et indépendamment des autres facteurs de risques.

Céphalées chroniques chez l'homme, un risque accru d'AVC

Les maux de tête chroniques non migraineux semblent également à risque vasculaire cérébral, du moins chez l'homme, comme le montrent les résultats d'une gigantesque étude4sur les facteurs de risque cardiovasculaire conduite en Finlande pendant 23 ans auprès de plus de 35 000 hommes et femmes.

Maux de tête : un risque d'attaque cérébrale ?

L'analyse des dossiers de ces patients a montré que parmi les 2167 personnes ayant fait un AVC pendant la période de suivi, les hommes souffrant de céphalées chroniques non migraineuses avaient un risque d'AVC dans l'année multiplié par 4, et multiplié par 2 (1,86 pour être précis) dans les 5 ans, indépendamment des autres facteurs de risques. Par contre les femmes souffrant du même type de céphalées ne présentaient pas de risque supplémentaire d'AVC, quelle que soit la période étudiée.

Les auteurs en concluent que les maux de tête chroniques non migraineux sont un facteur prédictif indépendant d'AVC chez l'homme. Ils expliquent le risque particulièrement élevé à court terme par la possibilité que ces douleurs soient le reflet d'un processus sous-jacent précurseur d'une attaque cérébrale.

Ces résultats seront probablement affinés par des études complémentaires. En attendant, si vous êtes migraineux, écoutez d'autant plus attentivement votre médecin traitant lorsqu'il vous parle des facteurs de risque cardiovasculaire, par exemple en vous prescrivant une pilule, en commentant votre taux de cholestérol ou encore en vous incitant à arrêter de fumer. Vos migraines vous font courir un risque supplémentaire certain. Quant aux hommes, les maux de tête chroniques ne sont jamais anodins, d'où l'importance de consulter rapidement pour en faire le diagnostic. Ils cachent peut-être une pathologie plus grave que la "simple" céphalée de tension liée au stress de votre vie quotidienne.

Dr Jean-Philippe Rivière

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