
L'insomnie
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[?] Traitement
Le
traitement de la cause
Lorsqu'une
cause à l'insomnie est reconnue, son traitement permet de
retrouver le sommeil.
En cas de
tableau psychiatrique, une thérapeutique psychotrope spécifique
(neuroleptiques, antidépresseurs...) normalise le sommeil.
La protection
contre le bruit s'impose.
Une
température optimale (ni trop chaude ni trop froide) est
importante.
La
suppression des facteurs favorisants et selon les cas un
anxiolytique, un antidépresseur peuvent être utiles.
Les
thérapeutiques non médicamenteuses
Lorsque
l'insomnie se révèle être un symptôme névrotique, les méthodes
utilisées sont d'ordre psychothérapeutique : psychothérapie de
soutien, psychanalyse, psychodrames etc...
Lorsque
l'insomnie est la conséquence d'une hyperstimulation du système
de veille, le traitement fait appel à certaines règles d'hygiène
et aux techniques de relaxation (training autogène de Schultz,
techniques de bio-feedback...).
Des conseils
à ce sujet sont utiles :
a) L'hygiène du sommeil
Il faut
élaborer des règles de comportement simple pour faciliter le
sommeil :
-
Pratiquer régulièrement des exercices physiques dans l'après-midi
pour favoriser l'endormissement (mais pas le soir) ;
-
Eviter un excès d'activité intellectuelle en fin de journée
qui stimule l'activité du système d'éveil ;
-
Eviter la consommation excessive de thé et de café ;
- Avoir
des horaires de lever réguliers ;
-
Organiser le sommeil en fonction de l'individu : ne pas
modifier le rythme d'un patient habitué à se coucher tard et
inversement ;
- La
protection contre le bruit est impérative ;
-
Eviter les températures trop élevées ou trop basses ;
-
Essayer de garder toujours le même environnement ;
-
Accorder l'heure du coucher au désir de dormir ;
- Lors
d'un lever nocturne, manger et pratiquer une activité
jusqu'à réapparition du besoin de dormir (télévision,
lecture...) ;
-
Eviter les siestes de longue durée et tardives.
b) Les thérapeutiques comportementales
Elles sont
diverses et tendent principalement à retarder l'heure du coucher
en imposant des horaires de lever très réguliers et en ne
permettant la récupération de la dette de sommeil que pendant
les heures habituelles du sommeil. Apprendre au patient à
éliminer tous les stimuli s'opposant au sommeil ; relaxation
dans la journée par les méthodes de Jacobson, training autogène
de Schultz, méthodes de rétroaction biologique (biofeedback).
Pour
découvrir la créativité irremplaçable du sommeil et du rêve,
encore faut-il savoir allier la quantité à la qualité, c'est ce
que proposent certains clubs de rééducation.
La phase
d'endormissement concerne le plus directement l'art de bien
dormir : c'est un état intermédiaire entre la veille et le
sommeil. Elle constitue une zone de transition qui permet
d'observer certains phénomènes psychologiques propres au sommeil
et la fragilité de cette fonction.
Pour
s'accomplir, l'endormissement est souvent entouré d'un rituel
d'habitudes individuelles, familiales ou collectives comme la
lecture de quelques pages d'un livre... La suite des événements
qui composent cette phase cruciale est difficile à analyser
soi-même, parce que dans ce cas, on en modifie le déroulement.
Les études dans les laboratoires de sommeil ont permis
d'élucider les phénomènes.
Vers 22 ou 23
heures, le sujet commence à se détendre. Sa température
corporelle baisse, ses yeux se ferment et il repose sans
mouvement. Les rythmes rapides et réguliers de son
électroencéphalogramme, jusque là de 25 c/s font place à un
rythme plus lent de 8 à 12 cycles/seconde. Le sujet se trouve
dans un état d'apaisement et de bien-être, dénué de pensées
actives. Dans la conscience, seules quelques images vagues et
incertaines continuent à flotter. Il perd alors la notion du
temps, tandis que les ondes de son électroencéphalogramme
continuent à se ralentir.
Le problème
du sommeil est presque entièrement résumé à des troubles de
cette phase d'endormissement, ce moment intermédiaire entre
l'état de veille et le véritable sommeil.
Les recettes,
les petits remèdes vont du bain chaud à la douche froide, en
passant par les tisanes calmantes, le lait chaud, les massages,
les promenades, et la disposition de la literie (en particulier
la place, la fraîcheur, le gonflant des oreillers).
La méthode de
"compter les moutons" est efficace à condition de supprimer...
les moutons. L'image de l'animal est trop concrète, trop
identique. Il faut s'imaginer plutôt des chiffres tous
différents. Leur succession mobilise les centres nerveux et
empêchent la survenue d'autres pensées troublant
l'endormissement.
La qualité
sédative des programmes de télévision varie selon les patients.
D'autres ont des livres qui les endorment régulièrement.
L'insomnie de fin de nuit est plus difficile à maîtriser par ces
méthodes.
Les
médicaments pour dormir
Plusieurs
familles de psychotropes sont proposées: les barbituriques, les
neuroleptiques sédatifs, les antihistaminiques, les
antidépresseurs sédatifs, les benzodiazépines et plus récemment
les nouveaux hypnotiques tels que le zolpidem et la zopiclone.
-
Les barbituriques ne
doivent plus être utilisés dans cette indication : Aparoxal,
Binoctal, Epanal, Gardénal, Imménoctal, Insomnyl, Optanox,
Sonéryl etc...
-
Les neuroleptiques sédatifs
(Nozinan, Théralène, Tercian) : ils peuvent induire un
syndrome extra-pyramidal et des dyskinésies tardives ;
-
Les antihistaminiques du
type hydroxyzine (Atarax) peuvent être efficaces ;
-
Les antidépresseurs sédatifs
sont utilisés pour traiter les insomnies symptomatiques de
dépression et aussi comme hypnotiques en cas d'insomnie par
éveils multiples ou réveil précoce même sans dépression.
Certains antidépresseurs tels que la miansérine (Athymil )
et la trazodone (Pragmarel) sont sédatifs, anxiolytiques,
dénués d'effets anticholinergiques (sécheresse de bouche,
constipation, vertiges) et sont très actifs dans ce type
d'insomnie. Donnés à doses inférieures aux doses
antidépressives, ils sont en général bien tolérés,
respectent le sommeil lent profond et gardent leur
efficacité plusieurs mois ;
-
Les benzodiazépines
(BZD) sont de bons hypnotiques à condition de ne
les prendre qu'à bon escient et pour une durée limitée. Leur
utilisation principale est la lutte contre l'anxiété.
Utilisation de ces médicaments
Ces produits
ne doivent être prescrits que dans des cas très précis et
pendant de courtes périodes.
La plupart
des somnifères ne sont efficaces qu'au début du traitement et
leur efficacité s'épuise en quelques jours ou semaines.
La plupart
des hypnotiques peuvent créer des inconvénients lorsque le
patient cesse de les prendre. Lorsqu'il recommence, il doit
prendre des doses plus importantes.
Les médicaments à base de benzodiazépines altèrent la qualité du
sommeil profond, la plupart des autres peuvent réduire la durée
du sommeil paradoxal.
Le danger d'accoutumance aux médicaments est réel et ne se
limite pas aux seuls barbituriques. A l'arrêt du produit, les
manifestations de sevrage ne sont pas rares : troubles du
sommeil, vertiges, vomissements, crampes d'estomac, angoisse,
cauchemars, troubles de la miction etc...
L'arrêt des
somnifères doit donc être très progressif pour éviter ces
conséquences. Ils sont lentement éliminés par l'organisme et
agissent donc également le lendemain dans la journée : c'est le
phénomène de la "gueule de bois". Le patient ne se sent pas bien,
il se concentre mal et la conduite automobile est déconseillée
car les réflexes sont très amoindris.
Les
benzodiazépines remplacent de plus en plus les barbituriques
dans le traitement de l'insomnie. Elles perturbent moins les
rythmes du sommeil et les risques d'intoxication sont moindres.
La torpeur du
lendemain matin avec bouche pâteuse reste le principal
inconvénient avec somnolence diurne.
L'accoutumance et la dépendance physique les font considérer par
certains comme de véritables drogues.
Parmi les
contre-indications de ces produits : la myasthénie, la grossesse.
Leurs
inconvénients doivent être connus :
-
Modification de l'architecture du sommeil (diminution de la
durée du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal, les
deux sommeils "utiles") ;
- Effet
à court terme s'épuisant à long terme ;
-
Phénomène de dépendance et syndrome de sevrage ;
-
Effets résiduels diurnes indésirables sur la vigilance et
les performances ;
-
Risque d'augmentation de l'anxiété diurne et/ou insomnie du
petit matin par phénomène rebond avec les hypnotiques à demi-vie
ultra-brève ;
-
Troubles de la mémoire ;
-
Aggravation des apnées de sommeil.
Les
indications médicamenteuses
L'insomnie aiguë réactionnelle
C'est dans ce
type de situation que l'efficacité d'un hypnotique est
remarquable. Il va permettre au sujet d'échapper au
conditionnement provoqué par une succession de mauvaises nuits
et d'interrompre l'enchaînement "insomnie-crainte de l'insomnie".
Un traitement
court est le plus souvent justifié, même si l'hygiène de vie et
la relaxation suffisent parfois, car le patient présente un
risque de somnolence diurne qui peut être dangereuse pour
lui-même ou pour les autres.
Un hypnotique
de troisième génération est prescrit pendant un temps limité et
sous contrôle médical. Quand angoisse et anxiété prédominent,
les benzodiazépines seront préférées.
L'insomnie persistante non traitée
Le but
essentiel est de permettre au médicament hypnotique de rester
hypnotique. La prescription ne doit pas excéder 2 à 3 semaines,
en essayant d'éviter la prise d'une dose pleine chaque soir. La
technique de "posologie variable" est souvent utilisée :
-
1° et
2° jour : 1 comprimé
-
3°
jour : 1/2 comprimé
-
4°
jour : 1/4 de comprimé
-
5 et
6° jour : pas de comprimé
-
7°
jour : reprise de la séquence
Bien entendu,
toutes les variations sont possibles, l'essentiel étant de
préserver l'efficacité de l'hypnotique et ainsi d'éviter
l'augmentation des doses et les associations.
Les
thérapeutiques non pharmacologiques sont souvent nécessaires.
L'insomnie persistante déjà traitée
La
prescription d'un autre hypnotique est à éviter. Le traitement
de l'insomnie passe par le sevrage des hypnotiques, les
thérapeutiques comportementales et éventuellement les
anxiolytiques donnés dans la journée ou les antidépresseurs
sédatifs donnés le soir.
Une technique
de sevrage propose de supprimer brutalement tous les somnifères
chimiques pendant une dizaine de jours ; le patient ne dormira
pas mais le sommeil naturel ne tardera pas à revenir.
Quelques
règles de sevrage d'hypnotiques doivent néanmoins être connues
du patient :
- Ne
pas essayer d'arrêter de prendre un médicament hypnotique si
on ne le désire pas vraiment car l'échec est alors certain ;
- Ne
pratiquer ce sevrage qu'en absence de syndrome dépressif,
d'anomalies cardiovasculaires, d'activité intense ;
-
Connaître à l'avance les désagréments qui vont survenir :
diminution ou absence de sommeil, fatigue, irritabilité,
nervosité, tremblements, sensations vertigineuses ;
-
Prévoir quelque chose en remplacement de l'hypnotique :
thérapeutique comportementale, antidépresseur ;
- Une
bonne relation entre le médecin et son patient est
primordiale.
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Doctissomo ©
2004

